L'huile d'olive, des bienfaits reconnus depuis l'antiquité
L’olivier, à l’image de ces vieux arbres noueux qui se dressent sur les collines de Provence, de Toscane ou de Grèce, semble aussi vieux que le monde… Il se confond avec la géographie et l’histoire du bassin méditerranéen, où il a élu sa terre. Il a inspiré des légendes et occupe une place de choix dans toutes les religions qui sont nées dans cette région : Isis et Athéna, Moïse et le Christ, comme Mahomet l’ont consacré.
Aucune plante, sinon peut-être la vigne, n’a connu une telle renommée mythique et un tel rôle mystique. Aujourd’hui, une mode fondée sur de récentes découvertes médicales lui donne de nouveau une place presque miraculeuse dans l’alimentation et la santé d’aujourd’hui. Avec son compère le vin, n’est-il pas à la base du «régime crétois» qui donnerait les hommes et les femmes les plus «sains» du globe, vis à vis des maladies cardio-vasculaires, de certains cancers et des effets du vieillissement ? Désormais, la cosmétologie s’en empare à son tour et vous propose des produits et des soins à base d’huile d’olive ou de feuilles d’olivier…
AUTOUR DE LA MÉDITERRANÉE DEPUIS DES MILLÉNAIRES…
Une vieille histoire, qui remonte au paléolithique supérieur : l’olivier est né au XIIème millénaire avant notre ère, en Asie mineure. Il y formait de véritables forêts, mais ne connut la main de l’homme qu’aux alentours du VIème millénaire. Il se propage alors de la Syrie vers la Grèce à travers l’Anatolie, puis vers l’Egypte et la Crète. A partir du XVIème siècle avant JC, les Phéniciens l’implantent d’abord dans toute la Grèce puis dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Il aborde la Gaule à Marseille en 600 avant JC. L’empire romain en fera un instrument de sa présence économique, en développant partout des plantations et des moulins ultra modernes pour l’époque…
L’olivier entrera en décadence avec les barbares et les premières invasions arabes, puis reprendra de l’importance avec les Croisades et l’action commerciale de Venise, puis traversera l’Atlantique avec les conquistadors espagnols et portugais qui l’implanteront en Californie, en Argentine et au Mexique principalement. Il est aujourd’hui l’objet d’expériences réussies d’implantation en Chine, Afrique du sud et Australie…
Les traces culturelles de l’olivier et de son huile bienfaisante sont anciennes également : on en trouve de nombreux vestiges dans la culture mycénienne de l’île de Crète, à partir de 3500 av. JC : ainsi à l’entrée du palais de Knossos, peut-on admirer un bas-relief qui représente un taureau sacré s’élançant vers un olivier. Sur un sarcophage de pierre, on voit représenté un olivier derrière l’autel des sacrifices. De nombreuses amphores sont aussi décorées avec des feuilles et des fleurs stylisées d’olivier, premières marques de ce produit voué au voyage : la Crète fournissait une grande part de la consommation égyptienne…
En Egypte, on utilisait l’huile, non seulement pour l’alimentation, mais aussi pour se parfumer et pour la cosmétique, et enfin pour l’embaumement des morts : les momies de la XXème dynastie (1200 à 1090 avant JC) sont décorées avec des guirlandes tressées de rameaux d’olivier.
L’huile est utilisée en médecine et Gallien en codifie l’emploi. Mais aussi pour se parfumer – par macération de plantes aromatiques dans l’huile qui fixe les parfums -, se masser, se laver et se préparer aux sports (massages)… C’est l’huile d’olive qui servait à sacrer les rois et les prêtres; c’est en bois d’olivier qu’étaient fabriqués les sceptres royaux. Les descendants des Dieux naissaient toujours aux pieds d’un olivier…
HUILE D’OLIVE : MÉDICAMENT, PRODUIT COSMÉTIQUE ET DIÉTÉTIQUE
Pour le commun des mortels, l’huile d’olive sert à assaisonner la laitue. Ses vertus sont méconnues, surtout en France, le moins méditerranéen des pays producteurs… L’huile d’olive est pourtant tout à la fois, un médicament, un cosmétique et un aliment !
Un médicament, certainement ! Depuis l’Antiquité, Hippocrate, Pline, Gallien, Discoride, puis Averoes, mirent en évidence les vertus de l’huile pour la santé générale et l’utilisèrent comme composant médicinal, notamment pour confectionner des onguents qui guérissaient à peu près toutes les maladies : d’Aquin en utilise encore pour soigner Louis XIV d’une mauvaise chute. La base des onguents est l’huile d’olive : ses vertus combinées aux huiles essentielles soignèrent des générations et restent souvent au centre des «remèdes de bonne femme» dont chacun possède quelques recettes transmises de mère en fille…
A la différence des autres huiles communes extraites par raffinage - donc par des procédés industriels -, l’huile d’olive, grâce à son extraction par simple pression à froid, permet de garder en suspension ce que les chimistes appellent l’«insaponifiable» : des particules qui justement donnent à ce produit toutes ses qualités thérapeutiques. Ces pigments, vitamines, anti-oxydants, ont une action efficace dans la prévention du vieillissement et des maladies cardio-vasculaires. L’huile d’olive est riche en acide oléique, également bénéfique pour la santé.
En usage interne, le Grec Gallien, l’inventeur de la théorie des humeurs, découvrit le premier les effets positifs de l’huile d’olive pour les maladies du foie et de la vésicule biliaire, notamment pour la prévention des calculs. Il est établi en effet que l’huile d’olive régule la sécrétion de la bile. Des découvertes récentes ont étendu les vertus de l’huile d’olive au fonctionnement de l’estomac, à la composition de la bile, et à la motricité intestinale. A la fin du XIXème siècle, Ewald et Boas démontrèrent que l’huile d’olive augmentait la sécrétion alcaline de la muqueuse et, plus récemment, Crespi a dit qu’elle pouvait en conséquence prévenir la formation des ulcères gastriques. Ricci a donné l’explication de ces vertus : l’huile d’olive suscite la sécrétion d’une hormone digestive, la cholécystokinine.
Dernièrement, des découvertes statistiques ont été menées par des universités américaines et françaises, sur les effets de l’alimentation sur les maladies cardiovasculaires, les cancers et le vieillissement ! En tout cas, tous les médecins s’accordent désormais sur les bienfaits de l’huile d’olive dans la lutte contre le cholestérol…
COSMÉTIQUE : LA NOUVELLE TENDANCE DES SOINS À L’HUILE D’OLIVE
Si l’huile d’olive, pour des raisons de coût et de mode, a progressivement disparu des recettes cosmétiques, elle pourrait revenir en force grâce aux vertus qui lui sont de nouveau attribuées ainsi qu’aux feuilles de l’olivier. Ex. la gamme complète lancée par le spécialiste de l’olivier, Olivier & Co. Il est à noter qu’à des milliers de kilomètres de la région méditerranéenne productrice de l’huile d’olive, la médecine indienne utilise celle-ci pour les massages traditionnels ! On connaît certes le fameux savon de Marseille, à l’huile d’olive ou la savonnette Palmolive, le savon à la mode des années 1950.
Mais dans l’antiquité, l’huile d’olive était la base de toutes les pratiques cosmétiques. Les Grecs l’utilisaient après le bain pour s’en frotter tout le corps. L’huile était connue depuis les Egyptiens comme récepteur de parfums par infusion à chaud. Les huiles ainsi imprégnées au jasmin, à la rose, aux herbes, à la myrrhe, etc., servaient à réchauffer le corps après un bain souvent froid, à maintenir une peau souple et bien sûr à parfumer. Les fioles d’huiles parfumées étaient emportées aux bains et offertes aux hôtes de passage. Théophraste dans les «Caractères» ironise sur l’avare qui vient au bain avec une trop petite fiole ou celui qui use de l’huile rancie. Cette fiole d’huile d’olive est une sorte de symbole de la vie civilisée : Ulysse débarquant dans l’île des Phéaciens après son naufrage, et découvert par Nausicaa, reçoit d’elle une fiole d’huile et des vêtements neufs. Ulysse revit et s’écrit : «Je me laverai de l’écume qui couvre mes épaules et m’enduirai de cette huile que depuis si longtemps ma peau n’a pas connue». Les Grecs utilisaient aussi l’huile d’olive au gymnase pour les exercices de la palestre, notamment la lutte.
Dans l’Orient, où l’alcool est prohibé par l’Islam, même en usage externe, l’huile d’olive est encore un cosmétique corporel commun, elle est aussi parfumée à la rose, répandue (quelques gouttes) sur la tête des êtres chers et dans les cérémonies religieuses. Le catholicisme gardera aussi de son origine orientale le rituel du Saint-Chrème.
Aujourd’hui, plusieurs lignes cosmétiques jouent la carte de l’huile d’olive, comme Olivier & Co, L’Occitane, ou Avon pour sa ligne spa, Body Shop avec son beurre corporel à base d’huile d’olive, une de ses meilleures ventes. Les spas commencent à proposer des soins à l’huile d’olive, y compris la fameuse chaîne orientale Banyan Tree avec un «Masque à l’Huile d’Olive et au Soja», beau mariage Orient-Occident ! Plus près de chez nous, les spas Occitania de l’Hotel – spa La Pleta dans les Pyrenées (Small Luxury Hotels) ou le Relais Thalasso de Santander en Espagne tentent de proposer des soins plus vastes à l’huile d’olive. Le fameux Relais & Châteaux Baumanière a ouvert, avec la collaboration d’Olivier & Co, un spa entièrement dédié à cette matière première qui fait la réputation mondiale des Baux de Provence. Succès garanti au milieu des oliviers.
MASSAGES ORIENTAUX
Outre les vertus chauffantes et calmantes, l’huile est utilisée depuis toujours pour les massages et permet des traitements régénérateurs des cheveux et de l’épiderme. Elle servit longtemps de base à toutes les gammes de cosmétologie traditionnelle : en massages, seule ou mélangée à des herbes –on pratiquait jadis l’enfleurage à froid ou à chaud qui consiste à laisser «mariner» des plantes médicinales dans l’huile–, elle accompagnait la vie quotidienne des Grecs et des Romains, avant et après le bain, pour la pratique du sport et pour tout accompagnement de kinésithérapie… Elle forma ensuite l’ingrédient de base des savons, les fameux savons de Marseille, qui furent sanctionnés par un Edit royal sous Louis XIV, comme produit de première nécessité. Au Proche-Orient, ou en Hongrie, les massages sont souvent pratiqués au savon de Marseille, ou au savon noir (à l’huile d’olive).
Aujourd’hui, où l’industrialisation excessive des produits cosmétiques et alimentaires, font craindre chaque jour des «dérapages» pour notre santé, l’huile d’olive apparaît, non certes comme la panacée universelle, mais comme un produit d’usage quotidien à ranger dans toute pharmacie et salle de bains et pas seulement dans la cuisine.
LA SCIENCE REDÉCOUVRE L’HUILE D’OLIVE
Au-delà de ses vertus soignantes, l’huile d’olive est désignée comme un aliment de première qualité pour la prévention de plusieurs maladies. Les recherches menées depuis de longues années sur l’influence déterminante du régime alimentaire sur les maladies, aboutissent tous à la conclusion que l’huile d’olive – à l’inverse de ce qu’on croyait encore il y a une vingtaine d’années – contient des éléments positifs pour la prévention de la plupart des maladies. Sa valeur biologique et thérapeutique est largement due à sa structure chimique : elle est formée de triglycérides, autrement dit d’acides gras mono-insaturés (principalement l’acide oléique), alors que les graisses animales sont formées d’acides gras saturés et les autres huiles comme celles de soja ou de tournesol, d’acides gras poly-insaturés. Or c’est cette différence qui détermine notamment la fabrication de cholestérol dans le sang. Par ailleurs, la présence des tocophérols et notamment de l’alpha-tocophérol assure une présence de vitamine E, la carotène de provitamine A, lesquels associés aux polyphénols agissent comme agents antioxydants puissants.
Par ailleurs, l’huile d’olive est conseillée dans les cas des gastrites hyperchlorydriques et pour les ulcères, elle a un effet anti-constipant prise pure à jeun, elle agit favorablement sur l’atonie de la vésicule biliaire et prévient la formation de calculs biliaires.
Concernant enfin le phénomène de vieillissement, il apparaît que l’huile d’olive, à l’inverse des huiles polyinsaturées, ne dérègle pas la programmation cellulaire, principale cause du vieillissement et d’autre part, grâce à sa teneur en vitamine E, augmente la capacité de défense de l’organisme. Une enquête sur la consommation par des rats d’huiles poly-insaturées a démontré que ceux-ci présentaient des signes de vieillissement et des lésions cancéreuses, dans 60 % des cas. Au niveau humain, les études statistiques faites sur divers échantillons de population ont donné à la Crête la palme en ce domaine, grâce notamment à un régime traditionnel riche en huile d’olive !

