La sanction tombe souvent, comme une loterie, après un sinistre. Pour éviter les mauvaises surprises, il est important que vous optimisiez au mieux le coût des assurances de votre entreprise.
«Les assurances, on finit toujours par y être de sa poche entend-on souvent dire des assurés ! Pas facile non plus d'être assureur, car il intervient quand tout va mal, un peu comme un fossoyeur. Il est vrai que les assurances sont souvent considérées comme un mal nécessaire. Quelle puisse être notre opinion, il est impossible d'y échapper. D'abord, parce que certaines garanties sont obligatoires, mais aussi parce que tout repose sur les épaules du chef d'entreprise et qu'en cas de sinistre ou de coups durs, son tiroir-caisse ne lui permet pas forcément de résister.
Avez-vous bien choisi votre assureur ?
Il n'est pas simple de pénétrer dans le monde des assureurs. Vous avez le choix entre, ou un agent général, ou un courtier, ou directement une société d'assurance. Attention, leur différence n'est pas dénuée d'intérêt. Il faut savoir, en effet, que l'agent général exerce une profession libérale. A ce titre, il représente et engage une société d'assurance. C'est évidemment une sécurité pour l'assuré, mais il ne dispose généralement que d'une gamme de produits limitée et ne peut proposer que des contrats «maison». Mandaté par une société d'assurance, sa position peut par ailleurs être très délicate en cas de conflit. Il doit, avant tout, défendre les intérêts de sa société. A l'inverse, le courtier est un commerçant. Il est mandataire de ses clients. C'est lui qui négocie leurs contrats auprès des sociétés d'assurances et les assiste pour le règlement des sinistres. En principe, le courtier jouit d'une indépendance dont est dépourvu l'agent général. En préférant traiter directement avec une société d'assurance, cela procure, au moins, l'avantage de ne pas avoir d'intermédiaire, mais en cas de conflit, c'est plus difficile pour se défendre.
Conseil d'expert : il est indispensable d'entretenir, avec son assureur, des relations suivies et de confiance qui permettront d'adapter en permanence les risques encourus aux garanties.
ÊTES-VOUS ASSURÉE À LA JUSTE VALEUR ?
Cas d'école : une personne veut assurer un bien pour une valeur qu'elle a estimée à 80 euros. Ce montant représentera donc la «valeur d'assurance» inscrite au contrat. A la suite d'un sinistre garanti, le bien est totalement détruit. On s'aperçoit alors que sa valeur réelle est de 100 euros. Dans ce cas, l'assuré n'aura aucune difficulté à admettre que l'assureur limite l'indemnité versée au montant assuré, soit 80 euros, et qu'il doive ainsi conserver à sa charge la différence de 20 euros. Mais, le calcul de l'indemnité devient différent lorsque le bien n'est que partiellement détruit. Reprenons notre cas d'école et supposons que le montant du dommage s'élève à 40 euros. Dans ce cas, l'assureur règlera à son assuré : 40 euros : 100 euros x 80 euros = 32 euros. Ce qui laissera 8 euros à la charge de l'assuré. Cela s'explique : l'assureur considère que l'assuré a décidé de conserver à sa charge, quel que soit le montant du dommage, 1/5 de celui-ci (40 euros : 5 = 8 euros). La mise en oeuvre de ce principe s'appelle «l'application d'une règle proportionnelle de capitaux».
Conseil d'expert : ce cas d'école illustre bien l'importance d'évaluer correctement les biens à garantir et le bien-fondé des déclarations faites à l'assureur.
VOS PERTES D'EXPLOITATION SONT-ELLES GARANTIES ?
Si la plupart des chefs d'entreprise font garantir le remplacement de leurs biens après un sinistre, trop nombreux sont ceux qui ne couvrent pas les pertes financières dues à l'arrêt d'activité entraîné par un sinistre. Il faut savoir effectivement qu'une interruption d'activité, consécutive à un sinistre (incendie, inondation, etc.) se traduit immanquablement par la diminution, voire la disparition complète du chiffre d'affaires et donc du bénéfice escompté. Bien entendu, les frais variables de production ne seront plus exposés pendant ce temps, mais les frais fixes (loyers, salaires, abonnements au téléphone, à l'électricité, frais d'emprunts, etc.) continueront à courir. Grâce à l'assurance des pertes d'exploitation, le versement d'une indemnité replace l'entreprise dans la situation financière qui aurait été la sienne si le sinistre n'avait pas eu lieu. On peut donc qualifier cette garantie d'assurance survie de l'entreprise.
Conseil d'expert : cette protection financière s'adresse en particulier aux petits commerces et aux PME qui sont en général les plus vulnérables. Ils sont d'autant plus concernés par cette garantie que leur trésorerie et leur capacité d'autofinancement sont le plus souvent limitées.
CONNAISSEZ-VOUS L'ASSURANCE HOMME-CLÉ ?
Toute entreprise a son ou ses hommes clés. Outre le préjudice moral et la perte de savoir-faire que leur disparition peut entraîner, la vie de l'entreprise elle-même est susceptible d'être menacée. Soulignons que cette disparition, même momentanée, peut alors se traduire pour l'entreprise par une perte de marché, des frais de réorganisation et de remplacement de l'homme-clé, des créances des banques impayées et des difficultés à obtenir de nouveaux prêts et à maintenir des relations de confiance avec son banquier, ses créanciers et ses fournisseurs. Si vous faites partie de ces «hommes» irremplaçables sans qui rien ne va plus, il existe une solution trop souvent méconnue, c'est l'assurance «homme-clé».
Conseil d'expert : l'assurance homme-clé peut concerner, non seulement le chef d'entreprise, mais aussi, par exemple, un collaborateur exceptionnel pour la rareté de sa spécialité et son caractère indispensable.
AVEZ-VOUS PENSÉ À L'ASSURANCE DE PROTECTION JURIDIQUE ?
Le droit d'obtenir justice est un droit fondamental dont la première expression apparaît dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789. La complexité croissante du droit, le coût de l'accès à la justice font qu'aujourd'hui un fossé considérable s'est creusé entre ce principe et la réalité. Or, l'entreprise n'est jamais à l'abri de contestations, procès ou impayés. Comment savoir, si, dans une situation donnée, on a ou non un droit ? Une fois acquise la certitude que l'on est dans son droit, comme le faire valoir ? Parmi les experts, huissiers, médiateurs et avocats, lequel choisir ? Pour aider à gérer ces problèmes, le contrat de protection juridique présente au moins deux avantages : décharger le chef d'entreprise des problèmes juridiques et lui laisser ainsi une plus grande disponibilité de temps et mieux maîtriser les frais généraux sous forme d'une cotisation forfaitaire connue. Une remarque : la protection juridique intéresse tous litiges.
Conseil d'expert : prudence pour cette assurance ! Les exclusions sont classiques (force majeure, faute volontaire...). Mieux vaut être avertie : le contrat ne prend pas en charge les litiges nés ou « pendants » avant la date de prise d'effet du contrat.
POURQUOI NE PAS RENÉGOCIER MALIN ?
Tous les coûts, en matière d'assurance, sont dans la nature. Les tarifs sont une savante alchimie. Véritables cocktails, ils se composent d'ingrédients subtils et de mélanges multiples, le tout précautieusement dosé et bien arrosé de frais et de taxes. Vous avez ainsi une prime ou une cotisation. Si les mutuelles et les compagnies d'assurances se livrent une véritable guerre des polices, à coups de tarifs et de garanties, profitez de ce duel, en bon gestionnaire, pour vous offrir le meilleur rapport qualité/prix. Restez serein, les pistes sont parfois brouillées. Gare aussi aux publicités en trompe-l'œil et pour le moins alléchantes. La mariée est parfois trop belle. Derrière des prix très compétitifs se cachent souvent des subtilités de taille. Soyez vigilant à l'échéance suivante, vous pourriez avoir des désagréements. Des garanties qui voient doubles, cela existe. La même garantie peut figurer dans plusieurs de vos contrats. Vous éliminerez ainsi des surcoûts. Méfiez-vous également des assureurs-séducteurs qui proposent des garanties gadgets. Elles coûtent parfois très chères.
Conseil d'expert : vérifiez bien les garanties essentielles. Ne payez pas l'inutile. Abandonnez les contrats ou les garanties qui ne correspondent à aucun besoin. Certaines couvertures peuvent s'avérer d'un intérêt discutable dans leur principe même.
AUDITEZ VOS ASSURANCES EN 7 ÉTAPES
Voici tout ce que vous devez vérifier dans vos contrats, pour être sûre que l'entreprise est bien couverte :
1. contrôlez que le contrat d'assurances couvre l'intégralité des risques de l'entreprise ;
2. évaluez la probabilité de survenance des risques couverts ;
3. mesurez la prise en compte, dans le contrat, de la prévention ;
4. testez la souplesse du contrat d'assurance ;
5. évaluez les plafonds de garantie ;
6. analysez la valeur des franchises ;
7. évaluez la qualité des interlocuteurs d'assurance.
5 CONSEILS D'ASSURÉS
1. La recherche de la meilleure police s'assimile à un véritable parcours du combattant. Avant d'obtenir les devis demandés, des relances soutenues sont souvent nécessaires. Les assureurs n'auraient-ils par encore compris l'enjeu de la concurrence ?2. Comparer les devis envoyés n'est pas chose facile. D'autant que les garanties ne sont jamais les mêmes. On se perd facilement dans un dédale de clauses, de risques couverts, non couverts, à moitié couverts, etc. Lire attentivement, tenter de comprendre, questionner l'assureur, lui demander des informations, telle est la règle. Encore faut-il insister pour obtenir des réponses.3. Il faut faire «vivre» les contrats avec les besoins évolutifs de l'entreprise. En effet, il est peu probable qu'un contrat demeure, plusieurs années après sa signature, encore parfaitement adapté aux risques encourus par l'entreprise. Par conséquent, il est bon de le réétudier et de le réadapter à la réalité.4. Optimiser ses contrats est une nécessité : analyse régulière des risques, des garanties, des franchises et des mesures préventives. Cela peut éviter des surprimes et des déceptions en cas de sinistre. A l'entreprise d'agir pour faire en sorte que les mesures préventives soient adaptées à ses besoins réels.5. Si la multirisque est un contrat fourre-tout, elle est souvent exhaustive. Elle a le mérite d'être financièrement intéressante. En revanche, elle offre peu de souplesse. A l'entreprise de faire avec, sans jamais oublier que c'est au contrat de s'adapter à l'entreprise et non l'inverse.
3 PIÈGES À ÉVITER
1. Attention aux plafonds de garantie. Ils sont parfois surdimensionnés par rapport aux besoins de l'entreprise.
2. Autant ne pas perdre de vue que les assureurs ne sont ni plus ni moins des fournisseurs de produits. Les moins scrupuleux d'entre eux ont une très fâcheuse tendance à muliplier les garanties, histoire, bien sûr, d'augmenter les primes.3. Attention aux surcoût des doubles garanties. Rien n'est plus exaspérant que de s'apercevoir que l'on est couvert deux fois pour le même risque.
Un site À consulter
www.ffsa.fr (site de la Fédération Française des Sociétés d'Assurances - FFSA)

