TRAVAILLER EN PARAPHARMACIE, C’EST POSSIBLE !
Vous êtes esthéticienne et vous souhaiteriez donner à votre carrière une orientation plus spécifiquement parapharmacie ? Seulement vous n’osez pas. Vous pensez ne pas avoir les connaissances indispensables, les qualités nécessaires, les diplômes requis ? Et puis, c’est le parcours du combattant pour postuler.
Découvrons ensemble ce milieu particulier et les potentiels de développement pour vous.
QU’EST-CE QUE LA PARAPHARMACIE ?
On désigne sous le terme de rayon de parapharmacie, l’ensemble des produits de cosmétique, d’hygiène et de diététique se situant en pharmacie d’officine dans l’espace de vente, donc, devant les comptoirs. On désigne sous le terme de parapharmacie un magasin qui vend des produits de parapharmacie initialement références en pharmacie.
OÙ TROUVE-T-ON LA PARAPHARMACIE ?
La parapharmacie est vendue en pharmacie d’officine. Endroit de sécurité par excellence, les marques de dermocosmétique y sont prescrites par les dermatologues et les clientes viennent les acheter en pharmacie.
En grandes surfaces, les centres Leclerc, ont été les premiers à imposer aux laboratoires de les livrer. Ceux-ci ont tout d’abord refusé, mais devant l’insistance et l’obligation de livrer, ils ont été contraints d’accepter. Les laboratoires éthiques ont cependant imposé un endroit spécifique à la parapharmacie, avec l’obligation, pour l’enseigne, d’engager un pharmacien au sein même du rayon de la grande surface.
Enfin, les magasins de parapharmacie ont poussé comme des champignons depuis le début des années 90. Tout d’abord moins chers qu’en pharmacie et donc plus attractifs pour le client, ils ont poussé les pharmacies à réagir et à se regrouper afin d’obtenir des prix plus compétitifs et ainsi, conserver leur clientèle.
Aujourd’hui, il n’existe plus beaucoup de différenciation en terme de prix. Bien au contraire, certaines pharmacies sont plus compétitives et plus dynamiques.
COMMENT DEVENIR CONSEILLÈRE EN RAYON PARAPHARMACIE ?
La conseillère en parapharmacie a un rôle très important. Elle doit non seulement être experte de la peau, savoir diagnostiquer les types et états de peaux, mais également recommander LA réponse parfaitement adaptée pour chacune des clientes, en termes de marque, d’éthique, de budget, de composition, d’odeur, de caution médicale… Elle doit également donner les conseils gratuits qui augmenteront l’observance du produit et fidéliseront la cliente.
«Il n’y a pas vraiment de profil type, nous expose M. Demazure, Pharmacien d’officine, co-titulaire de la pharmacie Basire à Paris, mais la connaissance parfaite des gammes de produits de parapharmacie, me semble très complémentaire à la connaissance de la peau.
De plus, il faut savoir conseiller sans forcer la cliente. Bien sûr, nous avons une communication dynamique et des prix attractifs, mais cela ne fait pas tout de nos jours, les clients viennent chez nous pour notre sérieux et notre expertise. Nous préférons offrir des diagnostics de peau personnalisés, conseiller au mieux, et ainsi fidéliser notre clientèle.»
Certaines préparatrices ont suivi une formation d’esthétique, comme Ghislaine Michel, conseillère dermocosmétique en région limousine.
«Être préparatrice, pour moi, n’était pas suffisant, j’avais vraiment envie d’apprendre l’esthétique, d’apporter à ma cliente, une sécurité des produits, mais également d’apporter une vision plus pointue, plus technique, de mon conseil. De plus, j’aime faire des soins cabines de temps en temps et j’organise mes animations de façon autogérées.»
De formation esthéticienne, Marine a procédé différemment : «J’avais l’intention de faire une formation courte, quatre jours, dans le domaine de la parapharmacie et juste au même moment, cela m’a porté chance je crois, j’ai eu une réponse positive d’engagement. J’ai quitté Lille au mois d’août pour un poste de dermo-conseillère à Paris, je m’occupe de tout le rayon parapharmacie, c’est vraiment génial pour moi, car c’est mon premier poste, en dehors des stages, bien sûr. L’ambiance est très sympa, la responsable du rayon para me fait confiance et je me forme chaque jour un peu plus. Il est vrai qu’une formation m’aurait bien aidée.
Socio esthéticienne à son compte, Elysabeth souhaite diversifier son activité par une activité moins lourde psychologiquement. «C’est dur de travailler en soins palliatifs, j’ai besoin d’une activité tout aussi médicale, éthique, sécurisante mais aussi plus joyeuse que l’hôpital. J’ai donc pensé à devenir animatrice free lance. Je fais donc actuellement des animations sur tout l’ouest de la France, deux jours par semaine et cela me plait beaucoup. Mon client est en général un pharmacien qui souhaite dynamiser son point de vente, une fois par mois. Je n’ai donc que huit clients pharmaciens et j’interviens une fois par mois dans leur officine. C’est très sympathique. L’équipe de la pharmacie prend des rendez-vous avec les clientes, et je fais les soins, maquillages flash, et les diagnostics de peau. C’est bénéfique pour le pharmacien qui fidélise sa clientèle grâce à un service de qualité. Et pour moi, c’est très agréable.
COMMENT FAIRE UNE FORMATION ?
Plusieurs questions doivent orienter votre démarche car il faut que vous trouviez la bonne formule qui correspond à votre profil et vos disponibilités. Tout dépend si vous souhaitez une formation courte ou longue.
Plusieurs formules sont proposées et la prise en charge par des organismes est possible. Boticcelli, centre de formation spécialisé en parapharmacie, propose des formations de dermo-conseillères sur 18 mois, Paraphie, un organisme de formation spécialisé en parapharmacie, propose des formations courtes et plusieurs formules, 4 jours de suite en intense, ou 4 lundis de suite… adaptables selon les cas.
L’école Catherine Sertin propose également des formations en parapharmacie.
COMMENT DÉCROCHER VOTRE PREMIER JOB DE CONSEILLÈRE EN PARAPHARMACIE ?
Tout d’abord, visitez les sites spécialisés en pharmacie et parapharmacie publiant des annonces, le site du Moniteur des Pharmacies et des laboratoires par exemple.
«Je lis les annonces avec intérêt, en recherchant la candidate idéale, nous confie M. Demazure. Nous avons des marques prestigieuses comme Lierac, Nuxe, Darphin, Biotherm, Vichy, Galénic, ainsi que toutes les autres gammes plus dermatologiques comme Avène, La Roche Posay, SVR, Eucerin, Aderma, Bioderma, également des gammes bio, telles que Sanoflore. nous souhaitons que notre candidate connaisse parfaitement l’ensemble des gammes.
Il faut aussi lire les revues pharmaceutiques telles que Le Moniteur des pharmacies, Le Quotidien du Pharmacien, Pharma… les annonceurs recherchent des profils types, qu’ils expriment dans leurs annonces, cela vous permettra de découvrir qui est «la candidate à leurs yeux», vous vous rendrez compte que vous n’en êtes peut être pas si loin.
Le salon de la pharmacie, Pharmagora, se déroule généralement en même temps que le Congrès International d’Esthétique Appliquée et au même endroit ! Imprimez une centaine de CV avec photo. Le démarchage direct : CV en main, lettre de motivation et sourire aux lèvres, attention, habillez-vous «classique», tenez-vous droite et ne mâchez pas de chewing-gum. Le monde de l’officine est très éthique, sobre, sérieux. Si vous voulez le pénétrer, sachez vous mettre au diapason. En arrivant, demandez à rencontrer «le pharmacien titulaire» ; c’est-à-dire le « patron ». N’hésitez pas à prendre rendez-vous s’il n’est pas disponible, car c’est une fonction très prenante qu’il occupe et, en général, il n’a pas une minute à lui.
Le démarchage est, de nos jours, où tout est informatisé, une bonne méthode.«Mais je reçois les candidates sur rendez-vous. Elles se présentent ensuite directement, nous pouvons donc avoir un entretien sérieux.»
Rapprochez-vous des sociétés d’intérim spécialisées : «Effectivement, nous dit Estelle, esthéticienne à Colmar, il est vrai que les sociétés souhaitent des connaissances de l’univers de la pharmacie, elles ne demandent pas forcément une formation spécifique mais c’est tout de même souhaitable on a plus de chance d’avoir une mission».
Les évolutions de poste sont nombreuses : responsable du rayon de parapharmacie, animatrice en laboratoire pharmaceutique, ainsi que formatrice labo sont également des métiers enrichissants et qui ne sont pas inaccessibles.
Après avoir été conseillère parapharmacie dans une petite pharmacie de centre ville pendant cinq ans, Elisabeth, conseillère, formée à l’esthétique, à la diététique et au conseil associé, a souhaité devenir commerciale dans un laboratoire pharmaceutique.» Cela n’a finalement rien à voir avec le métier d’esthéticienne, mais le challenge commercial m’intéressait beaucoup. J’ai lu la presse spécialisée, L’Express, le Figaro, Le Moniteur des Pharmacies… puis les sites Internet des laboratoires de cosmétique en pharmacie. J’ai répondu à plusieurs annonces, j’ai également envoyé des candidatures spontanées, avec CV + photo + lettre de motivation pour un poste de commerciale sur une région précise, en précisant que j’étais mobile. Comme je n’avais pas de réponses, j’ai téléphoné à tout le monde, pour savoir s’ils avaient bien reçu ma candidature, et où en était le recrutement. Je ne les ai pas lâchés, C’est là que j’ai trouvé mon poste.
Je circule toute la journée, je suis libre de mon organisation, je gère mon temps au mieux. Cela me plaît beaucoup, je ne suis pas seulement une commerciale, je suis utile aux autres. Je rencontre beaucoup de conseillère et je peux leur apporter mon expérience. J’aime mon métier, même si, parfois, les clients sont un peu difficiles, c’est un univers que je ne quitterai pour rien.
Mon conseil, n’hésitez pas, prenez votre carrière en main, allez-y, même si vous essuyez 50 refus, dites-vous que le 51ème est peut être le bon. N’hésitez pas à les relancer. Qu’est ce que vous risquez ? Au pire, on vous dit non, au mieux on vous propose un rendez-vous pour exposer votre savoir faire, et votre savoir être !»
CONCLUSION
L’univers de la pharmacie vous est ouvert grâce à cet indéniable potentiel que vous pouvez offrir au rayon parapharmacie, avec, en plus, des débouchés possibles vers d’autres postes ! Cela représente, une source d’épanouissement personnel, le plaisir de conseiller et de fidéliser une clientèle agréable, respectueuse, friande de conseils spécifiques et pointus. Vous le pouvez, si vous le voulez, vous le valez !
Paraphie, Conseil et Formation des équipes officinales, 1 rue des Gâte Ceps, 92210 Saint Cloud. Tél. 01 46 02 35 08 ou 06 22 28 41 91. e-mail : ledreney@paraphie.fr www.paraphie.fr
Par Laurence LEDRENEY-GROSJEAN.

