Beauté naturelle et cosmétique bio, la nouvelle attitude beauté
Au royaume des tendances, le bio est roi ! Pourquoi la cosmétique naturelle fait-elle couler autant d’encre ? Pourquoi le bio, qui avait autrefois une image baba, est-il devenu aussi bobo ? Nous allons tenter de donner quelques réponses à toutes les questions que ne peuvent manquer de se poser les esthéticiennes confrontées aux problèmes de choix de lignes ou de marques. Mais d’abord partons de la demande. Plus la peine de se voiler la face, les mouvements de consommateurs sont puissants et vos clientes très informées. Des livres comme «La vérité sur les cosmétiques » ont fait le reste. Résultat : on se préoccupe désormais davantage de ce qu’on se met sur la peau ! Alors, que souhaite réellement aujourd’hui la clientèle en matière de soins et produits de beauté : du naturel, de vraies marques bio, une consommation propre et le respect de la terre ? On a pris conscience qu’on devrait au fond mettre le même soin à choisir la cosmétique qu’à s’alimenter, car c’est vital ! Sissi la belle impératrice n’affirmait-elle pas que tout ce qu’on se mettait sur la peau, on devrait être capable de le manger ! Alors, esthéticiennes, attention, vous devez être conscientes que la cliente nouvelle est arrivée et ne devez plus ignorer les quatre grandes tendances.
QUATRE GRANDES TENDANCES
Aujourd’hui, on recherche le vert, l’ethnique, l’éthique et le naturel sain, d’où la vogue du thème «detox».
- 1. Vert : des produits naturels et bio.
- 2. Ethnique : retour aux racines, produits et traitements authentiques et traditionnels.
- 3. Ethique : contribution au développement local et promotion de traditions de soins et de santé dans le respect de la culture locale.
- 4. Détoxination, le terme ne s’applique pas seulement aux habitudes alimentaires mais aussi au stress et à la pollution, le processus visant à faire renoncer à un mode de vie malsain et à prôner un style de vie plus naturel, tout en conscience, si possible dans un environnement naturel et en s’alimentant le plus bio possible. Cosmétique et soins de beauté et du corps sont tout naturellement inclus dans cette démarche.
Tout ceci explique le succès des nouvelles marques cosmétiques inscrites dans ces tendances, ainsi que celui de toute une nouvelle génération de spas qui répondent à ces valeurs. D’un point de vue philosophique, préférer le bio et le naturel, c’est remettre en question la chimie, les produits de synthèse, le «fabriqué» et l’industrialisation à outrance, c’est aussi remettre en cause notre mode de consommation destructeur et penser l’avenir en terme de développement durable.
PRÉCURSEURS ET VALEURS SÛRES
Scientifique d’origine autrichienne, Rudolf Steiner (1861-1925) s’est appliqué à chercher le lien entre science, philosophie et spiritualité. Il créa l’«anthroposophie », une nouvelle science spirituelle qui deviendra un vaste mouvement philosophique de par le monde. Ses recherches englobent des domaines variés : agriculture, art, architecture, médecine du corps et de l’âme, et éducation. Travaillant à établir des passerelles avec la pensée orientale, il définit les bases de la biodynamie qui trouvera une de ses applications dans le domaine de l’agriculture. La méthode biodynamique prône le respect de la nature, s’oppose à la course à la rentabilité et fait appliquer des traitements entièrement naturels aux plantes. Elle s’attache à respecter les cycles naturels de la terre et à produire des aliments sains. La cosmétique naturelle, dont la philosophie repose sur les principes de l’agriculture biodynamique, vise à rétablir et maintenir l’équilibre des fonctions naturelles de la peau, sans colorants ni produits de synthèse.
Rudolf Steiner définit également les bases de l’eurythmie, nouvelle forme d’expression artistique qui allait aussi donner naissance à une nouvelle école de massage. Le mouvement est à l’origine de centaines d’écoles, de fermes et d’instituts dans le monde entier. S’appliquant au domaine de la cosmétique, la biodynamie allait ouvrir grande la voie de la cosmétique naturelle.
Le nom de la firme choisi par le Dr Steiner, Weleda, fait référence dans la culture celtique à ces femmes sages et guérisseuses qui apprenaient à vivre en harmonie avec la nature. Ainsi, toute la philosophie et la démarche de l’entreprise s’inscrivent dans un accord parfait entre la nature et l’homme. En 1921, elle fit figure de pionnier en prônant l’utilisation de produits biologiques, issus de l’agriculture biodynamique pour l’industrie des produits de soin. Aujourd’hui, les produits passés au crible de l’étude Vigitox sont classés «verts» au guide Cosmetox (disponible en ligne) établi par Greenpeace. De la plante au produit cosmétique, la firme a la complète maîtrise de la chaîne de production. Ainsi, à Schwäbisch Gmünd, près de la filiale allemande, Weleda Naturals, la marque suisse pionnière en cosmétologie naturelle, est un lieu dédié à la culture et à la transformation des plantes, ses bâtiments répondent aux normes écologiques, architecture organique avec respect de l’environnement, isolation étudiée pour utiliser le minimum d’énergie, climatisation naturelle, toits plats permettant de récupérer les eaux de pluie afin de pouvoir les utiliser pour les cultures. Energie hydro-électrique. En forme de 8, c’est-à-dire placé sous le signe de l’infini, ce jardin qui est également un centre de formation accueille près de 15 000 visiteurs par an. Avec ses 20 hectares en pleine nature, ses 205 espèces végétales dont 50 entièrement dédiées à la cosmétique, ce jardin de plantes médicinales, le plus grand du genre en Europe, répond à tous les critères d’exigence de la culture en biodynamie : sol sain, plantes saines.
Dans cette mouvance, le chimiste Dr Rudolf Hauschka (1891-1969) allait initier un mouvement de beauté qui commence dans le jardin, et développer toute une gamme de produits basée sur les vertus thérapeutiques des plantes. Pour ce faire, il fallait bien entendu utiliser les plantes les plus vivantes et les plus saines possibles. La philosophie de la marque a su conquérir depuis 40 ans toute une nouvelle clientèle en quête de produits authentiques et naturels. Fondé en 1935 par le Dr Hauschka, le Laboratoire Wala possède son propre jardin de plantes médicinales cultivées selon le principe de la culture biologique et biodynamique. La ligne Dr Hauschka constitue la première gamme de soin cosmétique naturelle haut de gamme mise au point par le Dr Hauschka et la cosmétologue Elisabeth Sigmund. Les produits prennent en compte le biorythme de la peau et demandent une gestuelle d’application particulière. Culture biodynamique des plantes et récolte en milieu sauvage, récoltes et traitement des plantes à la main, extraction des plantes selon des procédés rythmiques, pas de composés chimiques synthétiques, pas de substitution artificielle, test uniquement par des personnes volontaires, cures cutanées revitalisantes de 28 jours pour le renouvellement cellulaire, tels sont les atouts de cette gamme conforme au code Demeter qui veut que l’on prenne en compte les cycles et que l’on redonne à la terre ce qu’elle nous a donné.
ÉCOLO RINGARD OU BIO GLAMOUR ?
Voici posée toute la problématique, si on interroge un certain nombre de femmes et qu’on pose la question du bio, on comprend tout de suite pourquoi en France, le bio et la cosmétique bio ont eu autant de mal à décoller. Le mouvement écologique et bio bénéficiait d’une image liée aux mouvements contestataires de 1968, c’est l’époque où, dégoûté du monde industriel, l’on rêve du grand retour à la nature et l’on n’hésite pas à tout plaquer pour aller s’installer berger dans le Larzac ! Alors l’image de femme nature qui se crée à cette époque est très liée à cette philosophie qui remet en cause la société de consommation et ses produits. Aussi à «naturel», on a bien eu vite fait de coller des étiquettes comme manque de soin, de raffinement et de sophistication. Présentés dans des emballages peu attractifs, les produits avaient du mal à se positionner et ne faisaient pas rêver ! Ils étaient présents dans les magasins bio de l’époque qui ne jouissaient pas non plus d’une image de marque séduisante. Mais aujourd’hui, tout a changé et, selon les études consommateurs menées par l’agence bio, on ne peut que constater le succès grandissant du phénomène bio et des magasins bio dont certains sont entièrement consacrés à la cosmétique naturelle comme la chaîne Naturalia. Les laboratoires, eux, se veulent respectueux d’une éthique humaine et environnementale. Ainsi Artisans du Monde a troqué une image vieillotte pour un look plus branché et créé un premier réseau de commerce équitable (163 magasins et 85 ouvertures en prévision) et, s’appuyant sur les savoirfaire et traditions ancestraux, lance une nouvelle ligne de cosmétiques équitables, «Natyr» avec quatre gammes : aloe, thé, épices et fleurs. Mais attention équitable ou éthique ne veulent pas dire forcément bio !
Les consommateurs/acheteurs bio achètent semble-t-il de plus en plus de produits dans les magasins spécialisés bio, bref la consommation est à la hausse et les produits bio, de plus en plus attractifs, sont de plus en plus prisés. Aujourd’hui, peut-être parce qu’il y a urgence et que la planète est en danger, 54 % des Français et 86 % des consommateurs de produits bio se déclarent proches des valeurs de l’agriculture biologique. Tout le monde réfléchit sur l’environnement, on a peur pour l’avenir mais aussi très égoïstement pour soi dans l’immédiat, alors le bio serait-il la panacée ? En tout cas rien n’arrêtera la grande vague du naturel et du bio et on se prépare à vivre à l’heure de nouvelles valeurs. Le marché a connu une explosion (+40 %) en 2005, suite à la sortie du livre «La Vérité sur les Cosmétiques», de Rita Stiens. En 2006, le marché de la cosmétique naturelle et biologique est toujours en pleine croissance (+ 30%). La France est le deuxième marché plus important après l’Allemagne, qui fournit environ un cosmétique bio sur deux en Europe. Les circuits de distribution vont du magasin spécialisé, aux pharmacies et parapharmacies, vente directe et instituts. Ventes en grande surface et parfumerie sélective sont promis à une belle croissance.
Elevée dans le culte du bio, c’est tout naturellement que Stella Mc Cartney a développé sa propre gamme cosmétique. Les stars ne sont pas en reste et, à l’instar de Léonardo di Caprio, deviennent militantes de la cause verte.
COSMÉTIQUE VERTE
En France, Pierre Cattier, un des instigateurs du mouvement harmoniste de médecine naturelle créé par Raymond Dextrait, fonde en 1968 un laboratoire de cosmétiques à base d’argile. A l’époque, il fait figure de précurseur. La firme est reprise en 1987 par un pharmacien-cosmétologue, spécialiste de cosmétologie naturelle, et la philosophie du fondateur est toujours respectée. Par l’élaboration de produits performants, à base d’ingrédients naturels, l’entreprise s’oriente vers la Cosmétique Ecologique et Biologique et rejoint l’association Cosmébio.
Les Laboratoires Roig, créés en 1972 par Emile Vincent Roig, qui a toujours défendu les produits naturels et la beauté par les plantes, ont été les premiers en Europe et en Amérique à utiliser de l’extrait végétal de centella asiatica dans des formules de beauté. Sa réputation, la marque Centella la doit à l’utilisation d’huiles essentielles bio et d’eau de source.
Sur les traces du chimiste français Gattefossé qui en 1926 avait découvert les vertus des huiles essentielles, devenant ainsi le créateur du terme aromathérapie et des applications cosmétiques qui allaient en découler, la marque Decléor affiche des plantes sous haute surveillance pour sa gamme «Aromessences», aux huiles 100 % pures et naturelles.
En 1972, l’aventure de Sanoflore débute par un jardin expérimental sur les pentes sud du Vercors, cinq ans plus tard, ce sera une ferme qui cultive en biodynamie plus de 400 espèces de plantes aromatiques et médicinales. Créé en 1986 dans la Drôme, le laboratoire, l’un des pionniers français de la cosmétique bio et fondateur de Cosmébio fait figure de leader. Signe des temps, la société a été rachetée en 2006 par L’Oréal. De même le rachat d’une jeune marque comme Kibio par Clarins est révélateur que le bio intéresse de plus en plus le monde des grands.
Les marques conventionnelles se mettent à créer des lignes bio car, désormais, le bio règne en maître, corner dans les grands magasins, boutiques spécialisées comme Résonances ou Nature et Découvertes, qui ont développé toute une gamme de produits du monde dans la nouvelle mouvance, sans compter la vente par internet et les nombreux stands de produits cosmétiques bio dans les salons spécialisés. Si, actuellement, on ne compte qu’environ une centaine de marques de cosmétique bio, ce tout jeune secteur est incontestablement porteur ! Aussi la cosmétique bio nouvelle génération affiche désormais des marques glamour comme Doux Me et Nuxe. Ce n’est plus seulement le domaine du soin qui est concerné mais aussi celui du maquillage, la preuve en est le succès d’une marque comme Couleur Caramel.
La gamme Phyt’s, bio et naturelle, est bien représentée par environ 2 000 esthéticiennes ambassadrices de la marque. Les Douces Angevines développent toute une ligne de soins dans la plus pure tradition herboriste, tandis que Forest People mise sur les plantes exotiques et joue la carte du développement durable et de l’éthiquement correct en s’engageant dans la protection de la forêt amazonienne.
BIO PAS BIO COMMENT S’Y RETROUVER ?
Autrefois, des produits cosmétiques contenant des substances naturelles pouvaient facilement passer pour des produits naturels mais maintenant avec toutes les certifications, cela n’est plus possible !
Cosmétiques naturels contre produits de cosmétique dite conventionnelle ? C’est là que commence le vrai débat : naturel et non pas bio, alors que l’on trouve ce terme un peu partout car le bio est porteur ! Par naturel, on entend le caractère objectif du produit et non des qualités subjectives. On parle de qualité des matières premières.
Quelle différence faire entre naturel et bio ?
Naturel n’est pas forcément bio, ce n’est qu’en lisant les étiquettes que consommatrices et esthéticiennes pourront faire la différence entre une crème de soin naturelle et une crème de soin conventionnelle. Un simple coup d’oeil à la composition suffit : en cosmétique naturelle il n’y a aucun produit de synthèse, c’est pourquoi il est toujours intéressant de pouvoir connaître la composition d’un produit. Si produits à base de plantes et cosmétiques naturels sont de bons arguments publicitaires, on peut se demander si ces termes correspondent toujours à une réalité ? Naturel est malheureusement bien souvent un argument marketing. Largement utilisé dans beaucoup de pays étrangers, le terme appliqué à la cosmétique n’est pas forcément garant de qualité. En effet le fait qu’on ait utilisé des plantes ne garantit absolument pas qu’il n’y ait pas eu utilisation d’engrais ou de pesticides et, malheureusement, bien souvent, la revendication au naturel recouvre une réalité qui contient peu de naturel, d’où la nécessité d’une nouvelle législation. C’est dans cet esprit qu’Ecocert, organisme de contrôle en matière de culture biologique, a créé un département cosmétique.
A l’origine, Ecocert a démarré dans l’alimentaire, à la demande des fabricants, des agriculteurs et des industriels. Pour les cosmétiques, le référentiel, qui a été mis au point pendant deux ans et demi par les fabricants, les distributeurs, les consommateurs et les experts, a été validé par le service des fraudes. Il s’agit d’une réglementation spécifiquement française. Ce n’est qu’en juillet 2002 que le premier contrôle des étiquetages a pu être mis en place. Cette vérification des ingrédients correspond à une démarche des fabricants et n’intervient qu’à leur demande. La composition du produit est inscrite en code international : International Nomenclature of Cosmetic Ingredients (INCI) mais aussi traduite en langage de tous les jours, en France en français. Ainsi, le polysorbate 60 est un émulsifiant d’origine synthétique. L’équivalent dans la nature serait oeuf et soja qui contiennent de la lécithine.
Les professionnels du secteur des cosmétiques écologiques et biologiques se sont regroupés au sein d’une association «Cosmebio» et ont demandé à Ecocert de mettre au point un cahier des charges et des procédures de contrôle qui ont abouti aux classifications suivantes : cosmétique écologique et cosmétique écologique et biologique. Si les deux dénominations imposent au produit fini de contenir un minimum de 95 % d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle, la teneur en ingrédients bio (10 % contre 5 %) et en ingrédients végétaux d’origine biologique (95 % contre 50 %) est beaucoup plus élevée dans le cadre de l’appellation cosmétique écologique et biologique.
La déontologie bannit les expérimentations sur les animaux et les emballages doivent être en matériaux recyclables.
Attention, un cahier des charges n’est pas immuable, le système est évolutif en fonction des avancées scientifiques et des modifications réglementaires.
Kontrollierte Naturkosmetik ou «la cosmétique naturelle contrôlée»
BDIH est la certification qui sert de référence en Allemagne. Créé en 1951, l’organisme a inauguré le groupe cosmétique naturelle en 1996. Une dizaine de laboratoires a participé à l’élaboration du cahier des charges mais ce n’est qu’en 2001 qu’ont été mises en place les certifications dont les critères sont les suivants :
- matières premières végétales,
- produits issus de culture biologique biodynamique,
- pas de tests sur les animaux,
- minéral exclu (issu du pétrole),
- pas de silicone,
- pas de conservateurs synthétiques,
- pas de rayon gamma,
- pas de rayon.
Tous les contrôles émanant du ministère de la Santé visent à établir si les matières premières sont naturelles ou synthétiques, et servent à informer et protéger le consommateur. Au moins une quinzaine de firmes allemandes ont déjà le label et beaucoup de produits sont déjà certifiés. Mais les législations étant parfois différentes, on ressent la nécessité d’homogénéité sur le plan européen, ce serait un grand pas de fait pour un futur référentiel commun qui devrait être déposé à Bruxelles dans le cadre du marché unique.
Nous comprenons bien que si le «naturel» est une valeur montante, derrière cette revendication, il y a souvent bien peu de naturel. Or, ce qui importe pour le consommateur, c’est de savoir ce qu’on se met réellement sur la peau. Si le terme naturel s’applique à déterminer le caractère objectif d’un produit, il fait souvent référence à la qualité des matières premières, c’est pourquoi la composition du produit doit être transparente.
La dénomination INCI (International Nomination Cosmetic Ingredients) fait obligation d’indiquer la liste des ingrédients qui se trouvent dans le produit.
En tous cas, haro sur le chimique, un règlement spécifique est d’ailleurs entré en vigueur pour encadrer les substances chimiques : REACH (enRegistrement, Evaluation et Autorisation des Substances Chimiques).
Au-delà du choix d’un simple produit dit «naturel» ou encore écologique et biologique, il y a bien une démarche de la part du consommateur, aussi nous pouvons affirmer que, quand le choix du naturel devient philosophie, le consommateur devient réellement «consommacteur».
Alors pour répondre à une demande sans cesse croissante, à quand des cosmétiques encore plus bio et une référence internationale ?
LE POINT SUR LES LABELS
Un label émane d’un ministère et il est contrôlé par un organisme indépendant. Il se différencie d’un logo commercial établi par un fabricant qui fixe lui-même ses propres critères de qualité et dont le produit n’est ni contrôlé ni certifié par un organisme indépendant.
En France, l’agrément des organismes certificateurs est du ressort du Ministère de l’Agriculture. Au 1er janvier 2007, on dénombre six organismes certificateurs agréés en France, les plus importants en terme d’activité de certification bio sont Ecocert et Qualité-France. AB, créé en 1984, le label, marque de certification et de qualité bio, est la propriété du ministère de l’Agriculture. La réglementation AB garantit le respect des règles de culture, de préparation et de contrôle définies par la réglementation agriculture biologique. Le label s’applique aux plantes aromatiques issues de l’agriculture biologique et dont les huiles essentielles ont été contrôlées et certifiées par Ecocert ou Qualité France. Les règles de l’agriculture biologique concernent non seulement la production agricole mais aussi les procédés d’extraction et les huiles essentielles elles-mêmes. En cosmétique, le logo AB ne concerne que les huiles essentielles et les huiles végétales.
La réglementation sur l’agriculture biologique étant élaborée au niveau de l’Europe, l’Union Européenne a créé son propre label qui peut s’utiliser en complément du label AB national.
Attention, Ecocert et Qualité France ne sont habilités à certifier que les produits qui suivent leur propre cahier des charges ou référentiel.
Créée en 1964, Nature et Progrès, association militante en écologie et pionnière de l’agriculture biologique en France, a rédigé dès 1998 le premier cahier des charges français pour les cosmétiques naturels. Pour être classés Nature & Progrès Cosmétique Bio-écologique, les végétaux biologiques doivent représenter 100 % des végétaux présents dans le produit.
Pour le BDIH : label allemand, comme pour Cosmébio, l’entreprise doit avoir 60 % de sa gamme certifiée pour arborer le logo mais une particularité, la mention «cosmétique naturel contrôlé» s’applique au produit et non pas à la marque !
Autres labels et logos :
- Demeter : les ingrédients végétaux sont issus de l’agriculture biodynamique,
- Max Havelaar : Respect des règles du commerce équitable. Référentiel Max Havelaar,
- Bio équitable : entreprises impliquées dans la filière agriculture biologique. Référentiel propre.
Autres labels étrangers :
- AIAB pour l’Italie,
- Soil Association pour l’Angleterre,
- et Ecogarantie pour la Belgique.
En clair et pour résumer, les cosmétiques écologiques et biologiques certifiés préservent les ressources de la planète, répondent à la demande croissante des consommateurs et valorisent le savoir-faire des fabricants.
COSMÉTIQUE, COMMERCE ÉQUITABLE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE
Dans l’univers bio, protection de l’environnement et engagement social sont deux thèmes majeurs sur lesquels les entreprises communiquent largement. Quant au consommateur, il devient de plus en plus éco-citoyen et concerné par la sauvegarde de l’environnement. Il sera donc de plus en plus sensible à des méthodes de fabrication sans nuisances.
Cosmétique éthique
Un produit éthique est un produit qui s’inscrit dans une démarche équitable. Ainsi, en achetant à un prix juste leurs matières premières, les entreprises font vivre des villages entiers, et en communiquant sur leur engagement, se forgent une image citoyenne et sympathique.
Développement durable
Cela implique le partage et la transmission des savoirs. Ainsi, en Turquie, les producteurs de roses qui sont partenaires de Weleda ont abandonné leur système de culture qui appauvrissait les sols pour se reconvertir à la culture biodynamique et sur le long terme, chacun s’y retrouve !
Dans tous les cas, le travail est toujours garanti et l’individu respecté. Aussi, des contrats d’exclusivité ont été conclus et des partenariats établis avec des fondations ou des associations afin de soutenir les populations locales et de financer des actions sur place.
En se positionnant en protecteur de l’environnement et en s’engageant à réduire leurs émissions de CO2, certaines marques renforcent leur image d’entreprise respectueuse de la nature.
Commerce équitable
Il englobe la protection des hommes et de la nature.
Attention, équitable n’est pas forcément bio, ce qui a amené à la création d’un nouveau référentiel défini par une association du commerce équitable, Bio Equitable. Adoptant les valeurs de l’agriculture biologique et celles du Commerce Equitable, l’association Bio Equitable rallie des entreprises qui s’engagent à un partenariat technique et financier avec les pays producteurs. De par leur engagement dans des actions de développement durable, elles sont à même de pouvoir lutter contre la pauvreté et préserver les hommes et les écosystèmes, à oeuvrer dans le respect des hommes, des cultures et des traditions locales. Elles proposent une juste rémunération des producteurs et s’opposent à l’exploitation des enfants dans le travail.
Temis qui a recours aux filières contrôlées du commerce équitable est la première ligne cosmétique labellisée par l’association Max Havelaar.
Bon à connaître : le media du développement durable : www.novethic.fr
INFORMATIONS ET FORMATIONS SPÉCIFIQUES AU SECTEUR BIO
Nous donnons ici quelques contacts pour qui voudrait approfondir le sujet. Il est vrai que les formations sont surtout dispensées par les laboratoires et fabricants de produits et qu’une esthéticienne ne sera pas lâchée dans la nature sans une formation et un encadrement. Toute la filière de la phytoaromathérapie est riche en collèges, écoles et formations de toute sorte. On peut aussi utilement se rapprocher des organismes officiels comme Chambres de Métiers, de commerce, éducation nationale. Les associations type «Route de la lavande» peuvent également donner des pistes.
Mouvement de Culture Bio-Dynamique.
Tél. 03 89 24 36 41.
L’Université Européenne des Saveurs & des Senteurs (Tél. 04 92 72 50 68), organisme agréé par l’Etat, développe des partenariats notamment avec Cosmed qui propose des formations théoriques et pratiques, pour la partie cosmétique. www.universite-saveurs-senteurs.com
www.eco-bio.info/liens.html#cosmeto
Pour connaître toute l’actualité sur la sécurité d’emploi des produits cosmétiques : www. afssaps.sante.fr
Biofach, le rendez-vous professionnel de l’univers bio se tient à Nuremberg chaque année, il soutient l’engagement bio et le développement durable à l’échelon mondial. Avec quatre filiales qui tiennent salon aux USA (le plus grand marché bio du monde), en Amérique Latine, en Chine et au Japon, l’événement attire chaque année environ 3500 exposants et plus de 100 000 visiteurs. Les cosmétiques naturels y auront la vedette. Placée sous le signe de la beauté naturelle «globale», Vivaness accueille les leaders du marché avec des produits bio d’exception pour une nouvelle génération de clients à la fibre écolo ! www.vivaness.com
LE BIO ? TOUTE UNE PHILOSOPHIE !
Tendance et incontournable, dans tous les cas, une valeur sûre ! Pour s’en convaincre, il suffit d’aller surfer (www.princesse-bio-com/ www.mademoiselle-bio.com), alors vous ne pouvez plus ignorer le phénomène bio ! Alors informez-vous, formez-vous pour pouvoir faire vos choix en toute connaissance de cause !
Si les produits bio sont appelés à devenir des cosmétiques comme les autres, qu’apportent-ils en plus ? Tout bio est-il forcément tout beau ? Comment valoriser le produit naturel auprès de la consommatrice de cosmétique conventionnelle ? Bien évidemment, tout est question de sensibilité personnelle mais ce serait dommage de passer à côté d’une clientèle potentielle, il y a fort à parier que les jeunes générations ne reviendront pas en arrière et élevées dans cette nouvelle conscience, opteront pour l’éthiquement correct. Dans l’avenir, les grandes marques seront poussées également à modifier leur référentiel. On parle déjà de cosmétique casher et halal, c’est bien le signe que quelque chose est en train de changer !
Dire que le bio est la panacée, ce n’est pas forcément un argument mais il faut absolument rétablir des valeurs sûres, alors allons-y gaiement bio, sans oublier que pour vendre du bio, il faut avant tout être convaincue afin de pouvoir convaincre.
Par Françoise Perier

